"YAACOOBI et LEIDENTAL" de Hanokn Levin

Publié le par Monsieur Guy

"YAACOOBI et LEIDENTAL" de Hanokn Levin

Traduction de Laurence Sendrowicz aux Editions Théâtrales

Mise en scène d’Alain Batis

avec Raphaël Almosni, Jean-Jacques Duparc, Emmanuelle Rozès, Louise Chirinian, Alain Karpati et Marc-Henri Lamande

Deux mises en scène d'Hanokn Levin nous sont proposées en ce moment à Paris, et c'est tant mieux. J'étais dominé par une sensation étrange à la fin de la représentation de "Yaacobi et Leidental", comme si cette expérience avait décuplé en moi une capacité à entendre tous les bruits du monde. Le théâtre d'Hanokn Levin est d'une grande densité et demande beaucoup d'énergie et de savoir faire de la part du metteur en scène et des comédiens. Et là, toutes les conditions sont vraiment réunies. Alain Batis à la mise en scène et les trois comédiens: Raphaël Almosni, Jean-Yves Duparc et Emmanuelle Rozès, accompagnés par la musique de Louise Chirinian, Alain Karpati et Marc-Henri Lamande, nous font entendre toute la poésie d'Hanokn Levin. Sur le plateau, entre cirque, théâtre et cabaret, la mise en scène d'Alain Batis nous entraîne dans un tourbillon d'émotions.

Yaacobi décrète un beau soir à son ami Leidental qu'ils ne sont pas "de la même espèce" et qu'il est temps pour lui de partir à la conquête de la vie. Finis le thé et les parties de dominos sur le balcon. Il décide d'être heureux et, en toute amitié, abandonne le malheur à Leidental. Yaacobi rencontre Ruth et son "gros popotin qui l'emmène vers le bas" alors qu'elle a "des idées si hautes", dit-elle. Leidental s'incruste, il veut sa part de bonheur !

A partir d'un cadre relativement simple, Hanokh Levin va tisser un théâtre d'une efficacité redoutable où l'on rit devant les grimaçantes postures de ses personnages s'enfonçant malgré eux dans les sables mouvants de la banalité et de la répétition, la tête désespérément tendue vers leurs rêves. Dans le même temps on ressent la déchirure et la souffrance qu'engendre une telle position. Ces personnages se pensent maîtres de leurs destins, faute de ne pas soupçonner un instant qu'ils puissent être maîtrisés et encore moins, par quoi ou par qui. C'est dans cet écart, cette faille, que fouille inlassablement le théâtre d'Hanokn Levin, entre chatouillement et souffrance.

Lors d'une conférence-débat, juste avant la représentation, Laurence Sendrowicz, nous a fait part de sa rencontre avec le théâtre d'Hanokh Levin et la nécessité de le traduire qui s'imposait à elle. Comédienne en Israël quand elle prit conscience de la qualité d'une telle œuvre, de ce théâtre et de son univers, elle n'aura de cesse de mener à bien son entreprise de traduction parallèlement à ses activités de metteur en scène et d'auteur. Sans ce travail passionné, connaîtrions-nous l'œuvre d'Hanokh Levin ?

 

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