PAULA SPENCER de Roddy Doyle, La femme qui se cognait dans les portes

Publié le par Monsieur Guy

PAULA SPENCER de Roddy Doyle,  La femme qui se cognait dans les portes

 

Adaptation et mise en scène de Michel Abécassis

 

avec Olwen Fouéré

 

D'un commun accord, Michel Abécassis, metteur en scène français, et Olwen Fouéré, comédienne Irlandaise, décident de créer un spectacle, "Paula Spencer", à partir de deux romans de l'écrivain irlandais Roddy Doyle.

 

A l'origine, cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un projet culturel européen reposant sur la collaboration d'artistes français et d'artistes des vingt-six autres pays de l'Union européenne.


  Roddy Doyle est un écrivain irlandais dont l'écriture puise et s'enrichit dans la culture essentiellement orale des ouvriers et des laissés-pour-compte des faubourgs de Dublin.


  En 1997, il publie " La femme qui se cognait dans les portes", roman noir qui relate la vie de Paula Spencer, une femme tyrannisée par la violence de son mari avec lequel elle partage l'alcoolisme. Dix années plus tard, il revient vers son personnage pour écrire "Paula Spencer", un roman où son héroïne reprend goût à la vie en ouvrant les portes sans s'y cogner.

 

Partant de ces deux textes de Roddy Doyle, Michel a su créer une texture théâtrale où se laissent entendre toutes les contradictions de Paula Spencer. C'est dans le mouvement et les frictions de ses contradictions que naît l'énergie de sa pensée. Attraction et répulsion pour son mari, Charlo. "Je l'ai dans la peau", dit-elle à plusieurs reprises, alors que c'est sur sa peau qu'il inscrit le bleu des hématomes pendant de longues années, avant de se faire trouer la sienne par les flics dans une sordide prise d'otage. Mère en même temps que sœur de misère de ses enfants, ou qu’enfant de sa fille ainée qui prend soin d'elle lorsqu'elle sombre dans la déchéance. Elle occupe toutes les places faute de trouver la sienne.


  De cette masse tumultueuse de dualités et de contradictions, Michel Abécassis a tiré des fils d'ombre et de lumière, de mots et de silences, et tissé un spectacle où nous, spectateurs, sommes invités à éprouver du sens, de l'altérité et de la bienveillance, mais en aucun cas une larmoyante compassion.


  Au tout début, ainsi qu’à la fin, Paula nous supplie : "Questionnez-moi! Questionnez-moi! Comme pour nous inviter à l'aider à donner une parole à tout ce savoir acquis à force de côtoyer la misère. Et dans un même mouvement, nous questionner sur ce que nous savons de la misère et de la posture que nous adoptons face à elle.

 

Michel Abécassis aime adapter au théâtre les textes d'auteurs contemporains (Kafka, Pessoa, Perec, etc...). Dans cet exercice, il a acquis un indéniable savoir faire. "Paula Spencer" en est la confirmation. Il a su s'entourer d'artistes de grand talent : Olwen Fouéré, comédienne franco - irlandaise dont la qualité du jeu rappelle des actrices comme Anna Thomson ou Gena Rowlands, Jean-Guy Lecat, assistant de Peter Brook pendant plus de vingt années, pour la scénographie et la lumière, et Gabrielle Strum en tant que collaboratrice artistique.


                                                         Olwen Fouéré Image © Agathe Poupeney


Dans le jeu et les yeux, brillants tous les deux, d'Olwen Fouéré, se concentrent la force, la chaleur et l'humanité de ce beau travail.

 

Bravo et merci!

 

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