L'Apprentissage de Jean-Luc Lagarce

Publié le par Monsieur Guy

L'Apprentissage de Jean-Luc Lagarce


 

Mise en scène de Sylvain Maurice,

avec Alain Macé,

lumière : Xavier Mélot, son : Jean de Amalda


 

C'est au Théâtre des Déchargeurs que j'ai découvert "L'Apprentissage" de Jean-Luc Lagarce, un lieu que j'affectionne particulièrement, où les propriétaires et animateurs, Lee Fou Messica et Ludovic Michel privilégient les écritures contemporaines et les jeunes créateurs. Au bar, Ludovic Michel nous fait partager son autre passion: le vin et il en parle, aussi bien qu'il parle de théâtre.

 

En 1993, Roland Fichet commande un texte ayant pour thème la naissance, à plusieurs auteurs dramatiques. Sollicité, Jean-Luc Lagarce livrera le sien un an plus tard, et ce fut "l'Apprentissage" C'est bien d'un texte sur la naissance dont il s'agit et non sur la renaissance comme j'ai pu le lire ailleurs, la naissance à soi, pour soi, ou le "je" incertain de celui qui raconte interroge sans cesse la véracité des "on" et "il" dont il est à la merci. Dès les premiers mots : "Celui qui raconte", nous sommes avertis. Ce lui, entre je pour lui et il pour l'autre, il pourrait bien être moi, je pourrais bien être lui.


                                                                Alain Macé


Le rideau s'ouvre, un rideau blanc d'hôpital, Alain Macé apparaît dans le halo d'un projecteur. Hôpital ou music-hall? Présentation ou représentation? Naissance ou renaissance? C'est dans cet écart, cette incertitude, que naît et se déploie la parole de Jean-Luc Lagarce. Un entre-deux où il est impossible de savoir si nous avons affaire là à une comédie ou à une tragédie. J'ai rarement ressenti au théâtre une telle intimité, une telle fraternité avec l'auteur. Alain Macé par son jeu, incarne cette parole avec justesse, aidé en cela par la mise en scène de Sylvain Maurice. Ils accompagnent l'œuvre avec précaution entre force et fragilité.

 

Voilà du théâtre, et du meilleur, que je ne suis pas près d'oublier. Jai lu et relu ce texte depuis, et j'ai revu la pièce une seconde fois.

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