Le Boxeur - Le poids des mots, le choc d'une pensée

Publié le par Flattot Guy

Le Boxeur

Texte, mise en scène et Interprétation: Patric Saucier

Assistance à la mise en scène et Régie: Anne-Marie Jean

Scénographie: Vanessa Cadrin

Éclairages: Philippe Séguy

Musiques: Jean-Marc Saumier, Claude Bernatchez, Andrée Bilodeau & Martin Bélanger, Stéphane Caron, Yves Dubois, Isabelle Fortier, Mathieu Girard, Fabrice Tremblay et Limoges Hôtel

Assistance à la scénographie: Anne Prolongeau et Philippe Séguy

Au Tarmac de la Villette, métro Porte de Pantin, jusqu'au 6 juin


link Le Tarmac 


Le poids des mots, le choc d'une pensée


A l'heure où il est question de faire de nos écoles des camps retranchés avec portiques et vigiles, il est d'une importance vitale d'aller voir "Le boxeur", au Tarmac de la Villette.


J'en suis sorti secoué mais conforté dans ma conviction que nulle part ailleurs qu'au théâtre ne peuvent s'entendre les bruits du monde, lorsque la qualité est au rendez-vous.


Il est rare de voir un spectacle aussi complet. Texte, interprétation et mise en scène se conjuguent et s'entrelacent à la perfection. Patric Saucier pointe et explore avec une rare intelligence notre rapport à la violence.


Tout commence à Paris. Alors que lui, le québécois, demande son chemin à une jeune fille, celle-ci ne lui répond que par son silence et son mépris. L'imagination de Patric Saucier ne fait qu'un tour. Si face à cette violence passive, j'avais répondu par un coup de poing. C'est ainsi qu'il se met à l'écriture de son texte. Il crée le personnage de Québec, qui lui, va donner le coup et se retrouver en prison. Et là, paradoxalement alors qu'il démêle les fils de sa vie qui l'ont conduit à cet acte de violence, il réalise le souhait de ceux qui ne voulaient voir en lui qu'un futur boxeur.


Boxeur, parce que petit, il était déjà grand et fort. Lui rêvait d'être architecte!


Québec a eu une enfance tuée dans l'œuf qui, faute de s'épanouir, va fermenter.


"La violence, c'est un gaz" Un gaz qui nous entoure et que nous avons en nous, nous dit Québec le boxeur. "Tout dépend de la longueur de la mèche…ou si tu es du genre à faire des étincelles pour un rien"


En prison Québec va tisser sa mèche. S'il y apprend à différer ses coups par la boxe, il y apprend aussi à transformer sa colère contenue en mots.


Seul sur scène pendant une heure trente, Patric Saucier nous irradie de sa poésie. Il nous invite à tisser et rallonger notre mèche de spectateur en quête de sens.


J'ai pensé à Baudelaire ce soir là: "le génie n'est que l'enfance nettement formulée, douée maintenant, pour s'exprimer, d'organes virils et puissants. "

Publié dans Théâtre

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